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13/12/2010

Des calages hors air

posté à 14h00 dans "Training"

En attendant un bref retour sur l'Ironman Western Australia dans quelques jours, voici, pour faire suite à ce que j'avais pu écrire ici, un complément sur une manière d'appréhender la prépa d'un objectif sur Triathlon Longue Distance en intégrant le nécessaire "tapering" (période dite d'affûtage où la charge globale d'entraînement décroit) et surtout la gestion de celui-ci selon la discipline via un petit "outil" que j'utilise personnellement et pour ceux que j'entraîne.

 

 

Tel qu'il est proposé ci-dessous, la principale limite de ce mode de calcul est de ne prendre en compte que le volume (horaire ou kilométrique - horaire en l'occurence) et de ne pas prendre en compte l'impact de l'intensité (trimps, échelle de Borg et autres TSS) mais j'ai voulu simplifier pour plus de clarté (pas bien sûr d'avoir réussi ?) et rien n'empêche ensuite chacun de rajouter un coeff à ces heures d'entraînement en fonction de l'intensité/difficulté pour avoir une approche encore plus fine que le simple total horaire.

Une seconde limite est de ne pas faire apparaître les bénéfices de transfert entre les différentes disciplines (le volume vélo qui aide à pied, la qualité nata qui aide pour la VMA etc...) mais bon, si j'avais inventé qqc de parfait ou révolutionnaire, ça se saurait ;-)

 

 

Le principe (et toute la difficulté, en fait) est donc, avec le recul d'expériences passées et l'analyse de l'année en cours, de déterminer

1) quelle quantité d'entraînement est nécessaire dans chaque discipline pour avoir le niveau espéré et, si possible, également de bonnes sensations, tant qu'à faire

 

et surtout, surtout, surtout

 

2) à quel moment en amont de la compétition placer ce travail.

 

Avec l'expérience, on arrive souvent à savoir si un hiver studieux en nata est gage de bons chronos ou au contraire si ce sont des bornes dans les derniers semaines pré-compétitives qui nous aident, si le fait de "couper" en vélo x jours avant procure de meilleures jambes qu'en roulant encore une bonne partie de la semaine avant, etc...

A partir de là, se définissent des objectifs de charge (en volume horaire dans l'exemple mais incluant l'impact global dans l'idéal) dans chaque discipline et surtout les périodes auxquelles, elle doit avoir lieu. Dans le cas de l'athlète en exemple ici (profil assez classique), il a été déterminé que, selon toute vraisemblance, ce qui compte pour lui en nata, c'est essentiellement le contenu des dernières semaines voire des derniers jours et qu'à l'inverse, il lui faut un gros moment de "digestion" pour tirer les bénéfices d'un travail important à pied.

Dès lors, est placé, à la date de l'épreuve un compteur qui prend en compte, la période de travail (cycle de 3 à 5 semaines) avec le décalage de la période d'assimilation. Ainsi dans notre exemple, le compteur nata cumule la quantité de travail de J-33 à J-3 (donc 31 jours). A l'inverse à pied, il s'agit d'un cycle plus court et plus reculé (J-37 à J-17) et le vélo est entre les deux (à la fois en longueur du cycle et en recul). Le graphe en médaillon présente donc pour chaque journée, le volume qui a été réalisé dans chaque discipline sur la période voulue et avec le décalage propre à chaque discipline. 

 

Un des intérêts, surtout pour ceux qui ont du mal à couper un peu ou à se motiver en amont est de bien identifier la période clé de travail et de voir un graphe positif puisque si bien calculé puis réalisé, on atteint le sommet des courbes le jour J alors que si l'on s'en tient à un fichier simple de calcul au jour le jour, on aurait eu des courbes à la baisse. Concrètement, le travail est le même mais la "lecture" de celui-ci bcp plus encourageante et motivante.

 

Dans l'exemple présent, il y avait deux périodes planifiées de pics de forme

- la première du jour 108 à jour 120 qui a mis en évidence la nécessité d'avoir un entraînement càp un peu plus chargé et allégé moins précocement

- la seconde pour l'objectif de l'année au jour 280

- on voit également au milieu, une période de régénération permettant (néanmoins) de tester spécifiquement les réactions à une charge plus importante en càp pour conjointement passer un cap et n'avoir qu'un rappel (moins risqué) à faire lors de la prépa finale.

 

L'évolution consiste à intégrer dans ces formules/graphes, l'impact positif ou négatif du tapering des derniers jours puisque dans la réalité, cette période finale est aussi très importante et peut affecter à la baisse ou à la hausse la qualité du travail en amont. Ce sera l'objet de l'article de l'année prochaine ;-)

 

Une possibiité consiste à faire cette moyenne glissante sans mettre de jour de recul et de prendre un bloc stantard (21 jours par exemple dans chaque discipline) et de comparer sur l'année, les différentes sensations en compétition dans chaque discipline et si, par chance, se dégage une constante de décalage entre le travail et de bons chronos/sensations, vous avez fait un grand pas sur une meilleure connaissance de soi et sur comment arriver fort physiquement mais aussi mentalement le jour J. 

 

L'entraînement c'est comme la musique, faut tester, assembler, se tromper, dissocier, recommencer alors on s'amuuuuuse !!!

  

 

 A bientôt

 


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